Je ne vous ai jamais raconté la suite de mon travail. L’objectif est d’enregistrer des individus à différents moments du cycle pour voir comment le chant évolue au cours d’une saison de reproduction. En avril et en mai, j’ai enregistré des individus célibataires puis des couples chantant au moment du départ de la femelle. Les couples chanteront pour se retrouver à chaque fois que l’un des partenaires rentre de mer. Pendant l’incubation, les mâles restent seuls pendant 2 mois et ne chantent pas. Il existe un moyen pour les faire chanter tout de même : leur diffuser le chant de leur femelle. S’ils l’entendent, ils répondent et je les enregistre. N’obtenant pas de réponse leurs propres chants, ils repartent dans la tortue après quelques minutes. Ils ne sont pas dérangés davantage.
Lorsque les 3000 mâles couveurs sont groupés en une tortue silencieuse,
c’est impressionnant de voir un unique individu en sortir
et se mettre à chanter après avoir entendu le chant de sa femelle.
Une autre partie de mon travail en ce moment consiste à prélever des échantillons de muscle sur les poussins morts. Ces échantillons serviront à faire une étude génétique comparative avec une autre colonie proche pour voir s’il existe des échanges entre les deux, ou dit autrement si des individus nés dans une colonie vont se reproduire dans l’autre.
L’autre jour, j’avais donc ramassé un poussin mort que j’allais remonter à Biomar. En faisant le tour de la colonie, je l’ai posé pour regarder si par hasard je voyais des manchots marqués. Là, un pétrel géant a atterri juste à côté de moi et s’est assis devant mon poussin ! Je n’ai pas eu d’autre choix que de lui laisser et de m’éloigner… Il n’y a pas touché, préférant comme ses collègues les poussins bien frais. Le mien était congelé. Il est finalement reparti et j’ai pu récupérer mon poussin. J’ai été très surprise de le voir se poser si près de moi car les pétrels géants sont très craintifs. Ces grands oiseaux nichent sur l’île voisine de la colonie et reviennent au moment de l’émancipation des poussins.
Le parent, à gauche, a ensuite réussi à récupérer son poussin.
Voici quelques autres nouvelles de la manchotière :
Voilà ce que l’on peut voir parfois, un poussin poursuivi par de nombreux adultes.
Pour en savoir plus, allez lire le prochain Terradélire sur le site de l’IPEV !
Depuis quelques jours, les poussins commencent à quitter les pattes de leurs parents, on en voit de plus en plus tout seuls.



c'est des sales bêtes ces pétrels géants ! :(
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